Lycée Français de Düsseldorf : Interview d'un élève et de sa mère

Interview Lochlan & Leslie Da Ronco :

 "l´école a été le point le plus facile de notre intégration en Allemagne"

Après avoir vécu au Canada et aux Etats-Unis, Leslie, Jim et leurs enfants Pilar, 12 ans et Lochlan, 8 ans, ont posé leurs valises à Düsseldorf. De nationalité américaine, ils ont choisi d’inscrire leurs deux enfants au LfdD, alors que Lochlan ne parlait pas français en arrivant à Düsseldorf. Nous avons voulu connaître les raisons de ce choix et le bilan de leur parcours 18 mois après leur installation…

Pourquoi avez vous choisi pour vos enfants le Lycée français de Düsseldorf ?

Leslie : Parce que ma fille parlait déjà le français et aussi parce que j’adore la langue française. Je veux que mes deux enfants parlent le français.

Est-ce que vous avez hésité entre le LfdD et une autre école ?

Leslie : Oui, nous avons étudié la possibilité de les mettre dans une école allemande mais c’était vraiment la meilleure option de les mettre au LfdD.

Lochlan, quand tu es arrivé en Allemagne, est-ce que tu parlais déjà le français ou pas du tout ?

Lochlan : Je parlais un tout petit peu.

Et tu comprenais le français ?

Lochlan : Non, pas du tout.

Comment cela s’est passé quand tu es arrivé au LfdD ?

Lochlan : J’ai étudié les couleurs, les verbes et tout et j’ai appris !

Comment a fait la maîtresse au début ? Est-ce qu’elle t’a parlé français tout de suite, est-ce qu’elle t’a parlé anglais ? Comment cela s’est-il passé ?

Lochlan : Il y avait un camarade de ma classe, Léo, qui parlait français et anglais. Je pouvais dire quelque chose en anglais et il traduisait en français.

Au bout de combien de temps es-tu arrivé à comprendre tout seul ce que la maîtresse disait ?

Lochlan : Je ne me rappelle pas.

Leslie : C’était au mois de mars ou avril de la première année [soit 7 mois après son intégration au LfdD, la rentrée scolaire ayant eu lieu en septembre] : l’enseignante m’a dit qu’il avait appris le français et que maintenant il pouvait débuter l’apprentissage de l’allemand. Jusqu’ici, il devait se concentrer sur le français et il étudiait le français pendant que ses camarades étudiaient l’allemand.

Est-ce que tu arrives à dire tout ce que tu veux en français aujourd’hui Lochlan ?

Lochlan : Presque.

Avant, tu étais aux US, quelles sont les différences entre l’école française et l’école aux US ?

Lochlan : On n’écrivait pas des choses tous les jours, je n’avais pas de cahier du jour ou de fichier, on restait plus longtemps à l’école…

Leslie : aux US, il y a beaucoup d’écoles qui n’enseignent pas les lettres cursives. Beaucoup d’écoles américaines préfèrent que les enfants utilisent l’ordinateur plutôt que d’apprendre à écrire. C’est la raison pour laquelle j’ai préféré le système français, je trouve que c’est important de savoir écrire.

Et une autre différence, c’est que les langues étrangères ne sont pas introduites tôt dans l’enseignement aux Etats-Unis, quand les enfants sont encore petits, comme en Europe. C’est dommage car pour apprendre une langue, il vaut mieux commencer jeune.

Et pour l’apprentissage de l’allemand, comment cela s’est-il passé ? Tu avais appris le français depuis peu de temps, est-ce que tu as trouvé compliqué d’apprendre l’allemand ?

Lochlan : Non ce n’était pas trop difficile, au début la professeur d’allemand m’a expliqué tous les mots en  français, j’ai appris beaucoup de mots.

Et tu as quel niveau en allemand maintenant ?

Lochlan : « Intermédiaire » depuis le début de cette année [il existe 3 groupes de niveau pour l’enseignement de l’allemand : débutant, intermédiaire, et avancé]

Tu as donc appris deux langues en un an, c’est vraiment incroyable ! Est-ce qu’il y a malgré tout des choses que tu trouves difficiles ?

Lochlan : Oui, la conjugaison c’est un peu difficile… Pour le reste, j’apprends des choses… comme en maths, parfois c’est facile, parfois c’est difficile…

Est-ce que tu regrettes d’être allé dans une école française ? Est-ce que tu aurais préféré aller dans une école allemande ?

Lochlan : Moi, j’aime l’école française, c’est chouette, j’apprends beaucoup de choses et j’ai des copains.

Et toi Leslie, quand tu compares le LfdD aux autres écoles que tu as connues, quels sont, selon toi, ses points forts et les points qui peuvent être améliorés ?

Leslie : J’aime l’école française car on y est très bien accueilli. Il y a beaucoup de familles qui viennent ici pour 3-4 ans et les mamans et les enfants sont habitués à ce qu’il y ait des nouveaux. C’est une école dans laquelle je me sens très à l’aise. J’avais peur que l’intégration soit plus difficile dans une école allemande.

Au LfdD, les enseignants et la direction m’ont dit : « Ça n’a pas d’importance si votre enfant ne parle pas français, on va le lui enseigner. »

Pour moi, l’école a été le point le plus facile de notre intégration en Allemagne. Je n’ai rien fait de plus, je n’ai pas eu besoin de prendre un professeur en plus à la maison. L’école a tout fait.

Cette année, un poste d’enseignant de français langue étrangère a été créé spécifiquement pour les enfants dans le cas de Lochlan qui ne parlent pas le français…

Leslie : Oui, Lochlan a fait un test en début d’année pour voir s’il avait besoin de cours de français supplémentaires mais ce n’était plus nécessaire. L’an dernier, c’est son enseignante qui a tout fait, cela s’est passé facilement, sans stress pour Lochlan. C’était une expérience incroyable. Mais je suis contente qu’il y ait maintenant un enseignant dédié pour enseigner le français en tant que langue étrangère, c’est vraiment un signal positif qui montre que l’école se donne les moyens pour accueillir des enfants qui ne parlent pas le français.

C’est une bonne idée pour les familles qui arrivent ici ... Une autre famille américaine est arrivée cette année. La maman m’avait demandé conseil pour l’école et je lui ai recommandé d’inscrire ses enfants au LfdD. Elle est très contente. Elle a trois filles en maternelle GS, CE1 et CM1. Aucune ne parlait français en arrivant et maintenant elles sont à l’aise.

Ce qui est bien quand tu déménages souvent, c’est que tu peux chercher une autre école française, par exemple aux Etats-Unis. Ma fille a été par exemple au Lycée français de Toronto et dans une école internationale à Denver où elle apprenait le français.

Même si on ne trouve pas d’école française dans la ville où nous serons ensuite, c’est bien pour le niveau des enfants d’avoir fréquenté une école française, cela facilitera leur admission dans d’autres écoles.